Plan Autisme 2013 : De réelles satisfactions et des interrogations

Annoncé le 2 mai dernier à laPresse et au Comité National Autisme, dont Agir et Vivre l’Autisme fait partie, le 3eme Plan Autisme réaffirme tout d’abord avec force l’attachement du Gouvernement au travail produit en 2010 et 2012 par la Haute Autorité de Santé, et l’ANESM en matière de pratiques de diagnostic et d’accompagnement des enfants et adolescents atteints d’autisme.

Le respect de ces socles de connaissance et de prise en charge deviendra même une condition d’attribution d’agréments ou de budgets de fonctionnement dans la sphère médico-sociale.

Le premier axe fort du Plan concerne le dépistage et le diagnostic, en organisant à 3 niveaux ces étapes clés du démarrage précoce de l’accompagnement. En formant mieux les intervenants de premier niveau (médecins généralistes, pédiatres, services de PMI, assistantes maternelles et toute la communauté éducative de la petite enfance…), en dotant de meilleurs moyens les CAMSP et les CMPP notamment en médecins habilités à effectuer ces diagnostics, et en spécialisant les CRA régionaux dans les diagnostics complexes, la France veut se rapprocher de l’objectif des 18 mois, âge cible d’une détection des premiers signes anormaux de  l’autisme chez les tout-petits.

En matière de création de places d’accompagnement, la précocité est aussi recherchée avec l’apport de 700 places dans de nouveaux services de type Unité d’Enseignement en maternelle, là où se jouent les conditions futures d’une intégration scolaire de l’enfant. Des places de SESSAD (300 en petite enfance, 550 en enfance / adolescence) pour un accompagnement spécialisé autisme, mais à temps partiel, sont aussi prévues. Ces structures devront venir en appui de l’Education Nationale pour renforcer la scolarisation en milieu ordinaire.

L’effort le plus attendu, sur l’enfance, du fait d’un nombre limité de nouvelles places, va porter sur l’évolution des structures déjà existantes. Des postes supplémentaires pourront leur être accordés à condition qu’elles se rapprochent des bonnes pratiques de la HAS. Elles seront évaluées en ce sens.

La formation est un 2ème axe fort du Plan, formation initiale par une amélioration des contenus de diplômes existants, mais surtout formation professionnelle des personnels déjà en activité (5000 formations prévues pour la diffusion des bonnes pratiques).

Du côté des personnes adultes, parent pauvre des précédents Plans, un effort de création de 1500 places sur la durée du Plan est prévu, ainsi que la sortie de recommandations de bonnes pratiques d’accompagnement adultes qui manquent cruellement encore aujourd’hui.

Le répit des familles est aussi pris en compte, et nous l’espérons tout particulièrement pour celles qui ne disposent d’aucunes solutions pour leur enfant.

D’autres mesures plus « techniques » sur le rôle des CRA, les possibilités de compensation des MDPH,…font par ailleurs partie du Plan.

Il faut donc vraiment souligner à la fois l’effort financier (205,5 M€) et l’engagement fort pour les approches éducatives et comportementales soutenues par la Haute Autorité de Santé, et il faut le rappeler, l’ensemble de la Communauté Scientifique Internationale.

Le précédent Plan s’était heurté à différents facteurs de blocage, issus des nombreuses sphères sanitaire, administrative et médico-sociale en cause. Ainsi, près de 50 % des mesures envisagées n’avaient pas été réalisées et près de 2000 places prévues non créées. C’est la qualité de la gouvernance du Plan 2013 qui permettra de mesurer sa capacité à faire véritablement évoluer la situation sur le terrain. Cette gouvernance devra notamment prouver son efficacité à faire changer les pratiques chez les acteurs désignés dans les phases majeures du diagnostic et du démarrage de la prise en charge : CAMSP, CMPP, CRA,….

Agir et Vivre l’Autisme, association pilote avec ses 6 établissements expérimentaux ABA en France (les établissements expérimentaux sont aujourd’hui les seuls où se mettent en oeuvre les bonnes pratiques recommandées par la HAS) a insisté durant tout la conception du Plan, sur :

- les parcours de vie et l’importance d’élargir les expérimentations sur les populations d’adolescents et de jeunes adultes,

- la formation sur le terrain, en proposant que nos établissements deviennent les creusets de pôles d’expertise régionale sur les bonnes pratiques, et la façon de les mettre en oeuvre dans d’autres établissements ou services.

Les établissements expérimentaux issus du précédent Plan Autisme vont justement être évalués en 2014, au terme de la période d’expérimentation. Agir et Vivre s’emploiera à montrer sa capacité à créer de nouveaux établissements, mais aussi de nouveaux services adolescents / jeunes adultes, et à ouvrir ses portes à des professionnels pour diffuser ses pratiques.

Agir et Vivre l’Autisme s’efforcera à participer aux instances du CNA, et à toutes les étapes (cahiers des charges notamment) d’avancement du Plan Autisme.

Pour télécharger une synthèse du Plan Autisme : Plan Autisme 2013 Synthèse

Pour le Plan détaillé : Plan Autisme 2013 complet

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