Ecole ordinaire & domicile

Nous regroupons dans une même rubrique « Ecole ordinaire » et « domicile » car souvent les enfants scolarisés sont accueillis à l’école à temps partiel, et la question de l’organisation d’un suivi spécifique à domicile se pose à de très nombreuses familles.

1. SCOLARISATION D’UN ENFANT ATTEINT D’AUTISME EN MILIEU ORDINAIRE :

Les pouvoirs publics offrent des services d’information dédiés à la scolarisation des élèves atteints de handicap :

- Site d’information du Ministère de l’Education (vous y trouverez aussi le numéro de téléphone de la plate-forme Handiscol).

-  Guide pour la scolarisation handicap : SCOLARISATION_HANDICAP2011_200460

Et plus particulièrement pour la scolarisation d’enfants TED :

- Guide enseignants pour la scolarisation d’un enfant TED : guide_eleves_autistes_130575

Si la scolarisation des enfants atteints d’autisme ou de TED reste notoirement insuffisante, il faut souligner malgré tout les progrès réalisés depuis 10 ans, grâce à la loi handicap de 2005 et aux dispositifs, même imparfaits, mis en place en particulier en matière d’accompagnement par AVS. Il faut aussi rendre hommage à ceux des enseignants et directions d’école qui, avec énergie, écoute, et disponibilité, mettent en oeuvre les programmes de scolarisation au sein de leur classe et de leur école.

INSCRIPTION DE L’ENFANT A L’ÉCOLE ET SUIVI PAR
LES ÉQUIPES SCOLARISATION HANDICAP :

L’inscription de l’enfant et son accueil à l’école ordinaire sont la règle. C’est l’occasion le plus souvent de présenter la situation de l’enfant et de commencer à faire préciser les modalités d’accueil. Ces modalités, toutefois, sont décidées par 2 services distincts de l’école elle-même :

- Les services Scolarisation Handicap de l’Education Nationale, présents localement à travers un enseignant référent et une inspectrice de circonscription. Ils seront informés par l’école et la MDPH de la situation de votre enfant.

- La MDPH qui officialise à travers une notification d’orientation les modalités d’accueil de l’enfant (temps de scolarisation, type d’accompagnement adapté avec auxiliaire,…).

Les parents doivent, dès les premières étapes de scolarisation, faire intervenir ces 2 services pour que la scolarisation soit « actée » à travers une notification officielle, et que l’attribution d’auxiliaires à la classe de l’enfant soit décidée pour un suivi adapté.

Dans quelques rares cas, et en présence d’un enfant avec autisme léger ou de type Asperger, la scolarisation démarre sur un mode « normal » puis les services Handicap interviennent si la situation le requiert.

Les conditions de scolarisation de l’enfant seront le plus souvent l’objet d’une négociation entre l’école elle-même (qui estime ne pas toujours avoir les moyens, ni les enseignants motivés ou formés qu’elle estime nécessaires), les équipes scolarisation handicap (qui tentent de trouver un équilibre entre les intérêts de l’enfant, celles de l’école, et les possibilités effectives d’attribution d’auxiliaires de leur académie), les professionnels choisis par les parents pour accompagner leur enfant (psychologue clinicien, orthophoniste, médecin spécialisé,…), et les parents eux-même.

Cela débouche en règle générale sur une scolarisation à temps partiel, avec accompagnement par auxiliaire de l’Education Nationale (AVS – EVS) ou, plus rarement, un auxiliaire d’association. Le parcours scolaire de l’enfant a alors la particularité d’être suivi par une équipe composée de professionnels non scolaires + école + référents handicap + parents qui établit un programme personnalisé de scolarisation (PPS).

En cas de conflit sur le temps de scolarisation et les auxiliaires, les recours sont à effectuer auprès de l’académie du département ou de la MDPH si c’est la notification de scolarisation qui est contestée. Les refus d’une école d’accueillir un enfant peuvent aussi faire l’objet de recours, mais dans les faits, il peut s’avérer plus « simple » de rechercher un établissement plus ouvert au handicap que de partir en contentieux avec un établissement.

PROFIL DE L’ENFANT QUI BÉNÉFICIE LE MIEUX
DE LA SCOLARISATION EN MILIEU ORDINAIRE :

Indépendamment des conditions de scolarisation, et notamment de la présence d’un personnel auxiliaire d’accompagnement bien formé, la question du profil de l’enfant est fréquemment posée par les parents.

Rappelons d’emblée que l’acquisition de la « propreté » ou du langage ne sont pas des conditions indispensables à la scolarisation.

Il y a, de notre expérience, 3 aspects qui peuvent favoriser ou non le développement de l’enfant en milieu scolaire ordinaire. Nous laissons de côté son fonctionnement cognitif particulier (pensée en détails, difficulté d’abstraction,…) qui nécessite dans tous les cas des adaptations des activités pédagogiques proposées par l’enseignant. Ces 3 aspects sont :

- sa capacité à entrer dans certains apprentissages scolaires et à apprendre notamment par imitation avec ses pairs,  ou à profiter du cadre pour améliorer son autonomie, ce qui lui fera tirer bénéfice de cette socialisation par l’école,

- la présence de troubles sensoriels, dont la gravité (hypersensibilité auditive par exemple) peut rendre pénible le milieu scolaire. Des solutions existent pour réduire ces obstacles sensoriels.

- l’intensité de ses troubles de comportement. Dans ce cas, les 2 extrêmes peuvent s’avérer pénalisants : L’enfant calme et passif ne dérange pas mais risque d’être peu sollicité, l’enfant agité et « colérique » (face à des situations incomprises ou des changements mal préparés) risque d’être rejeté par les autres élèves et l’enseignant.

Ces aspects ne doivent pas être jugés avant même de démarrer la scolarisation, mais une fois qu’auront été mises en œuvre de bonnes conditions pour accueillir l’enfant. Le rythme de l’école, ses repères en termes de temps et d’activités s’avèrent très structurants et profitables à certains enfants.

ORGANISATION  DE LA SCOLARITÉ  :

Dans tous les cas, un accompagnement renforcé de l’enfant est indispensable, pour lui donner les repères nécessaires, adapter et le guider dans certains apprentissages. Le guide proposé ci dessus, mais aussi différents sites spécialisés sur l’organisation de la scolarité, vous apporteront de précieux conseils. Citons surtout : Scolarité Partenariat de Pierre Baligand.

La question clé est souvent celle de l’auxiliaire de scolarisation (AVS, EVS,…ou auxiliaire privée fournie par une association). En effet, les effectifs de l’éducation nationale en la matière ne sont pas toujours suffisants, et bien formés. Il est important que les parents contrôlent que le temps d’AVS prévu par la MDPH soit bien accordé à leur enfant dans la classe, et par ailleurs obtiennent que leur AVS améliore sa connaissance des méthodes éducatives adaptées à leur enfant.

Pour mieux comprendre les enjeux de cette profession nouvelle dans l’Education Nationale :

- Union Nationale des Collectifs EVS – AVS

- UNAISSE

Pour connaître les possibilités offertes par un service associatif ou privé d’assistants scolaires :

- CAP INTEGRATION MARNE

- S.A.I. d’Aidera Yvelines

- Service Programme IDDEES

Pour bien comprendre le rôle de l’AVS dans l’école : ROLE AVS

2. ACCOMPAGNEMENT A DOMICILE :

Que l’enfant soit scolarisé à temps partiel, ou malheureusement pas du tout quand les parents ne se voient proposer aucune solution adaptée, il est nécessaire d’organiser par soi-même un accompagnement éducatif et « para-scolaire » à domicile.

Certaines associations proposent comme principe méthodique le maintien à domicile pour mise en oeuvre de méthodes qui ne peuvent s’appliquer que dans ce cadre particulier. Ainsi la méthode des 3I, évoquée dans les traitements éducatifs, prévoit une intervention intensive à domicile avec bénévoles. Elle est à notre sens à réserver à des enfants dotées de bonnes capacités d’apprentissages comportementaux et  d’autonomie, bénéficiant d’une stimulation par le jeu et les échanges avec l’adulte. En clair des enfants dont le handicap majeur est avant tout dans la compréhension des interactions sociales. Elle nous semble moins adaptée quand l’enfant a un fort besoin de repères, de structuration, et d’un cadre comportemental pointu pour entrer dans les apprentissages d’autonomie et de socialisation indispensables.

D’autres associations, comme celles évoquées ci dessus pour l’accompagnement scolaire par AVS privé d’association, proposent d’intervenir à domicile en fournissant  ou en aidant à identifier à la fois :

- la supervision technique et éducative par un psychologue clinicien spécialisé dans les approches éducatives de l’autisme,

- le personnel d’accompagnement éducatif au contact régulier de l’enfant pour ses apprentissages.

Ces prestations peuvent être proposées dans le cadre d’un service à la personne et vendues avec un prix horaire tout compris (c’est le cas du SAI Aidera Yvelines qui a l’agrément qualité pour cela), ou faire l’objet d’une prestation d’emploi à domicile rémunérée en emploi service par la famille elle-même.

Dans ce cas, la famille est l’organisatrice du suivi de son enfant. Ce suivi a le plus souvent cette configuration :

- un médecin référent, généralement celui qui a confirmé le diagnostic de l’enfant (pédopsychiatre, neuropédiatre, neuropsychiatre,…).

- un psychologue clinicien formé aux approches type TEACCH, ABA, PECS,…et maîtrisant les processus d’évaluation (bilans PEP, VB Map, ABLLS,…) qui va coordonner les programmes éducatifs,

- un orthophoniste et un psychomotricien, qui vont, en cabinet, travailler les apprentissages de communication ou de développement moteur,

- un accompagnant éducatif à domicile, étudiant en psychologie, en éducation spécialisée,…ou personnel déjà diplômé (moniteur éducateur, éducateur jeunes enfants, éducateur spécialisé, et plus rarement certaines licences psycho, sciences de l’éducation, STAPS,…).

En dehors du médecin et de l’orthophoniste, ces personnels ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale, et c’est grâce aux aides et allocations (AEEH, PCH, fiscalité,…) que les parents pourront financer tout ou partie de ce suivi.

Il est important de penser aux assurances employeur dans le cas d’emplois à domicile.

Ce mode de suivi à domicile, moins favorable à la socialisation, offre toutefois l’avantage de la cohérence du travail avec l’enfant et les parents, les professionnels étant directement au contact du contexte familial pour aider à définir les programmes éducatifs les mieux adaptés à la situation.