Traitements pharmacologiques et biologiques

EN PREAMBULE…

Compte tenu de la variété des pathologies ou des syndromes connexes ou sous-jacents à l’autisme, la question des traitements pharmacologiques ou biologiques utiles pour  ce trouble n’autorise à ce jour aucune réponse globale ou systématique. Aucun traitement, autre qu’éducatif, n’existe pour limiter toutes les conséquences de l’autisme, sous ses différentes formes. Mais des traitements existent pour limiter certains effets, certaines pathologies associées, ce qui peut améliorer parfois l’état général et notamment neurologique de l’enfant.

Pour vous aider dans votre compréhension, nous tentons ici de vous fournir différentes informations. Ces informations proviennent de différents pays occidentaux, afin de montrer aussi la diversité des approches en la matière.

Important : L’origine biologique et génétique de l’autisme étant désormais acquise dans les consensus internationaux, les recherches sur les causes biologiques et essais de traitements tendent à s’intensifier. Elles ciblent certaines anomalies détectées dans le métabolisme, l’immunité, et divers dérèglements biologiques. Il est important de veiller à ce que ces traitements soient conduits dans un cadre médical sérieux, sur la base d’études et analyses probantes.

Comme il existe diverses formes d’autisme, il est difficile de tester la validité d’un traitement sur un groupe hétéroclite de personnes atteintes d’autisme. Et il est difficile de dire qu’un traitement adapté à un enfant produira les mêmes effets chez un autre. Plus encore, certains traitements, prévus pour produire  certains effets sur un enfant ordinaire,  s’avéreront inefficaces ou nécessiteront des dosages particuliers sur un enfant atteint de TED.

Il est probable qu’à l’avenir, il en ira « biologiquement » des autismes, comme d’autres pathologies à multiples facettes comme le cancer. Il y a différents types de cancers, et les progrès proviennent de plus en plus d’une individualisation des traitements à un profil pathologique donné.

LES 3 GRANDS DOMAINES DE TRAITEMENTS :

Il faut ici distinguer les traitements qui viseraient à « soigner » l’autisme lui-même, de ceux qui chercheraient à traiter certaines de ses conséquences ou de ses troubles associés (co-morbidité). Cela correspond donc à  3 axes de traitements médicamenteux ou biologiques :

  1. les traitements pour atténuer les déficits centraux de l’autisme (altération de la communication et des capacités sociales).
  2. les traitements pour atténuer les conséquences neurologiques de l’autisme, et notamment les troubles de l’humeur et du comportement.
  3. les traitements pour atténuer des troubles associés, qui, par rebond, vont améliorer l’état de santé général de l’enfant et le rendre plus disponible pour les traitements éducatifs.

1. Traitement des déficits centraux.

Pour rappel, l’autisme se caractérise par une triade de déficits (altération des compétences sociales, communication altérée, intérêts restreints et stéréotypies). A notre connaissance, seuls les essais récents menés avec l’Ocytocine ont donné des résultats mesurables sur l’amélioration des fonctions sociales de personnes autistes. Les autres traitements évoqués plus loin peuvent améliorer l’état général de l’enfant et favoriser ainsi ses apprentissages, mais n’agissent pas directement sur les aspects sociaux.

Quant aux stéréotypies, elles ont une origine neurologique et comportementale complexe. Certains neuroleptiques ont certainement, mais à quel « coût » (effets indésirables à court et moyen terme, camisole chimique,…), la faculté de les atténuer en « calmant » le sujet. Mais il ne peut s’agir à proprement parler de traitement !

Pour le langage (voir la page Autres Traitements ), nos remarques seront les mêmes. Il n’y a pas un médicament du langage. Il y a en revanche, et selon les pathologies ou anomalies associés chez tel ou tel enfant, des traitements qui vont améliorer la santé physique de l’enfant et faciliter ses apprentissages de communication et de langage.

2. Traitement des conséquences de l’autisme en termes d’humeur et de comportement.

Difficulté à communiquer, à comprendre, à trouver ses repères génèrent forcément un certain stress chez l’enfant atteint d’autisme. Si aucune solution éducative ne lui est proposée pour lui permettre de compenser ses déficits sur ces plans, il va développer progressivement des troubles de comportement et de l’humeur. On pense trop fréquemment que ces troubles sont inhérents à l’autisme alors qu’ils ne sont des conséquences d’un autisme mal pris en compte au niveau éducatif.

En présence de ces troubles, parfois très pénalisants, la question pourra se poser de l’utilisation transitoire de médicaments. Il ne nous appartient pas de conseiller ou proscrire ici tel ou tel traitement. Nous tenons simplement à rappeler qu’avant de faire appel à ces traitements, la voie éducative doit avoir été explorée le plus sérieusement et le plus professionnellement possible. Les effets secondaires, à moyen et long terme de ces traitements ne sont le plus souvent pas bien évalués. S’ils apportent un mieux à court terme, ils ne soignent en rien le problème de départ, et l’enfant sera confronté à des difficultés croissantes si la cause initiale n’est pas gérée correctement au plan éducatif. La mise en place d’un système de communication accessible pour l’enfant est à ce titre une solution qui atténue très efficacement un grand nombre de troubles de comportement.

Pour bien comprendre les causes des troubles de comportement, nous recommandons d’ailleurs la lecture du livre de Paul TREHIN.

Et pour information, un document issu d’un site Canadien sur les traitements pharmacologiques des troubles de comportement :

autisme_et_medicaments_Federation_Quebecquoise_Autisme

IMPORTANT : NE PAS NÉGLIGER LA DOULEUR !!

La douleur est la 1ère cause de graves et chroniques troubles du comportement de l’enfant et tout particulièrement l’automutilation. En raison de problèmes sensoriels, l’enfant autiste a souvent des réactions décalées ou inappropriées face à la douleur. Cela ne signifie pas qu’il ne souffre pas !!

De plus, il est très souvent dans l’incapacité de communiquer sa douleur physique, notamment quand elle a une cause difficilement visible (maux de tête, maux de ventre, et parfois maux de dents car il n’est pas toujours facile de pouvoir ausculter la dentition de l’enfant…).

En procédant à une analyse fonctionnelle des raisons de troubles persistants du comportement (voir ici un exemple de grille d’analyse objective des comportements problèmes : grille_analyse_fonctionnelle_remplie ) , on peut isoler la cause « douleur ». Et dans ce cas, non seulement rechercher les causes de cette douleur avec des médecins, mais aussi atténuer la douleur par les médicaments adéquats : Paracétamol, Ibuprofène,…ou plus si nécessaire.

3. Traitements pour atténuer les troubles associés :

AVERTISSEMENT : Les informations suivantes ne constituent en rien des recommandations  de traitements, et nous incitons ici fortement les parents à n’envisager de nouveau traitement que sur les conseils et avec le suivi d’un médecin spécialisé dans le domaine de traitement concerné.

Pour certains enfants, l’autisme n’est pas seul en cause. D’autres troubles neurologiques peuvent être concernés : Déficit d’Attention, hyperactivité, épilepsie, troubles résistants du sommeil,…Pour ces troubles associés, des médications sont parfois recommandées. Pour l’épilepsie et les troubles neurologiques graves, il faut consulter des spécialistes de ces troubles qui sauront prescrire les protocoles les plus adaptés.

En matière de troubles du sommeil, comme en matière de traitement de la douleur en général, la France a tendance à largement sous-estimer l’impact de ces difficultés : extrême fatigabilité de l’enfant, progrès cognitifs diminués, stress familial,…De plus en plus de praticiens encouragent, sur la base d’études probantes, l’usage temporaire ou régulier de médications pour le sommeil. La mélatonine, hormone du sommeil, est depuis quelques années, utilisée couramment en appoint pour l’endormissement, ou les réveils nocturnes (Circadine). Certains médecins ont aussi recours à des produits dont l’innocuité est démontrée de longue date, comme le Théralène.

Enfin, il faut signaler l’essor de toute une série d’essais et recherches menés dans différents pays sur d’autres traitements de désordres associés  essentiellement dans les domaines inflammatoires et  immunitaires :  Désordres digestifs, allergies, intolérances, intoxications à des pesticides ou métaux lourds, et enfin certains processus de vaccination (polémique anglo-saxonne sur le vaccin ROR).

Comme indiqué plus haut, la grande variété des formes et étiologies (causes) de l’autisme a pour effet qu’aucune de ces raisons biologiques ne saurait à elle seule expliquer tous les cas d’autisme ! Et à ce jour, toutes les études menées montrent chez certains enfants la possibilité qu’un de ces agents soir incriminé, mais jamais encore qu’un agent soit responsable d’un nombre significatif de cas d’autisme.

Pour connaître l’avis de la Haute Autorité de Santé Française sur ces traitements : Rapport HAS fevrier 2012

Mais aussi une conférence de consensus pédiatrique aux USA sur les enjeux liés aux désordres du systeme digestif et ses conséquences : French-GI

La démarche de protocole biomédical proposée par un service de la faculté de médecine Sunderland en Angleterre : sunderland français

Pour avoir une idée des axes d’investigation aux USA par le Defeat Autism Now, association pour la promotion des approches biomédicales : Autism.Com le site de l’ARI

A propos des approches anti-infectieuses et anti-infllamatoires : La piste infectieuse selon le Pr Luc Montagnier

A propos du métabolisme du chlore dans l’autisme : Des_diuretiques_pour_traiter_l_autisme

Pour une analyse critique et raisonnée de la recherche biologique, et génétique dans l’autisme : Le Blog Autisme Info Science

Concernant un des traitements fréquemment tentés par les parents, le régime sans caséine et sans gluten, un rapport de l’AFSSA qui conclut…qu’on n’a pas de preuves sur l’efficacité, mais sans preuves on ne peut pas non plus parler d’inefficacité ! Plusieurs études montrent d’ailleurs que certains enfants ont bien réagi à ce type de régime : AFSSA_RAPPORT_SGSC