Autres traitements

Autour des approches éducatives globales (TEACCH, ABA,…), des difficultés ou troubles associés à l’autisme, spécifiques à certains enfants, peuvent justifier des approches ou rééducations complémentaires.

Orthophonie

Le renfort d’un orthophoniste, en libéral (moyennant prescription de séances par le médecin de l’enfant) ou en établissement, peut déjà permettre d’augmenter le temps de rééducation sur les apprentissages de communication, coeur de la pratique orthophonique. Certains orthophonistes connaissent une ou plusieurs méthodes d’aide à la communication et peuvent être, en l’absence d’un psychologue ou d’une place en établissement, des coachs efficaces de la famille pour mettre en place ces méthodes. Ils deviennent en cela des partenaires de l’équipe éducative, et doivent être associés aux PEI (programmes éducatifs individualisés). Au delà de la mise en place d’une méthode comme le PECS, le Makaton, ils peuvent intervenir dans 3 autres domaines :
- les dys- (dyslexies, dyscalculies,…) : pour aider un enfant déjà bien avancé dans les apprentissages scolaires à dépasser des blocages / difficultés de cet ordre,
- les dysphasies : une rééducation spécifique de la « motricité orale », des praxies (mouvements) nécessaires à la parole, peut permettre de réenclencher la mécanique du langage. Dans ce domaine, une méthode recueille depuis quelques années un vif intérêt des praticiens et des familles : la méthode Padovan. A mi-chemin entre psychomotricité et orthophonie, elle vise à reprogrammer les étapes de développement neuro-moteur et sensori-moteur nécessaires au développement du langage oral.
Pour connaître des praticiens Padovan…

Psychomotricité ?

La psychomotricité, discipline tout à fait indispensable pour le développement de compétences motrices de l’enfant (compétences qui concourent en outre à l’ensemble du développement intellectuel de l’enfant), est en France un peu trop souvent diluée dans une approche psychologique : Les difficultés de l’enfant sont analysées au regard de son « histoire » et celle de sa famille, sans prise en compte concrète des déficits typiques de l’autisme.
Malgré cela, des séances de motricité, bien menées avec un praticien qui connait bien les désordres autistiques, sont un renfort utile de l’accompagnement global, pour améliorer la motricité générale (marcher, sauter, rouler, attraper,…coordonner certains mouvements complexes) ou fine (tenir de petits objets et procéder à des manipulations complexes pour enfiler, pincer, dessiner, tracer,….).
Le mieux est de rencontrer plusieurs psychomotriciens et de se faire une opinion en fonction des programmes qu’ils proposent, mais aussi de leur intérêt pour participer à l’ensemble du programme éducatif défini avec les autres professionnels autour de votre enfant. Contrairement aux séances d’orthophonie, les séances de psychomotricité ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale.

Intégration sensorielle

Il est démontré que l’autisme a pour cause un développement « anarchique » du système nerveux, les connexions neuronales et le développement des différentes aires fonctionnelles du cerveau ne suivant pas une logique normale. En plus des déficits cognitifs dans différents domaines, l’enfant peut souffrir de désordres sensoriels : hypersensibilité de la peau, du goût, de l’audition, ou hyposensibilité de ces mêmes sens. Certains sens importants sont en outre peu connus des parents : le vestibulaire (sens de l’équilibre notamment) et le proprioceptif (perception de la position et des mouvements des différentes parties du corps). Leur déséquilibre va altérer tout le développement moteur de l’enfant.
Dans de nombreux pays, tout particulièrement dans le continent Nord-Américain, l’intégration sensorielle vient compléter l’arsenal rééducatif des enfants avec trouble du développement indiquant des désordres sensoriels.
A partir d’un bilan détaillé des déficits de perception et des anomalies de sensibilité, le praticien (ergothérapeute au Canada, occupational therapist aux USA) propose des rééducations sensorielles soit pour désensibiliser, soit pour mieux organiser les perceptions sensorielles. Toute cette démarche vise à une meilleure intégration sensorielle de façon à ce que l’enfant soit placé dans de meilleures conditions d’attention mais aussi de mémorisation, et de sécurité. L’altération des perceptions sensorielles doit être, en effet, vécue de façon anxiogène par l’enfant, et accentuer son manque de repères et de sécurité.

Voici 2 documents intéressants sur les types d’activités à faire selon les profils d’anomalies sensorielles de l’enfant : BAOINTEGRSENSO et activitessensorielles . En cas d’hypersensibilités, les activités sont à mener avec prudence : L’hypersensibilité est parfois telle que des vertiges, des nausées, ou malaises peuvent apparaître. A noter : Il y a très peu de praticiens français dans cette discipline mais certains ergothérapeutes peuvent être de bons partenaires.

Un domaine spécifique de l’intégration sensorielle bénéficie, en France notamment, d’un intérêt plus soutenu, sans que des validations scientifiques aient apporté la preuve de leur efficacité : L’intégration auditive. 2 grandes méthodes s’affrontent. La méthode la plus connue en France est la méthode TOMATIS, qui relie problèmes du développement affectif et intégration auditive. L’autre méthode est celle du Dr BERARD qui propose simplement une rééducation de l’oreille profonde. Les séances ne sont normalement pas remboursées, et se déroulent sous la forme d’écoutes de sons à fréquences programmées au cours de sessions de moins d’une heure, répétées durant plusieurs semaines. Aucune étude menée n’a pu prouver, sur une population d’enfants atteints, une réelle efficacité de ces méthodes. Toutefois, chez les enfants montrant retard de langage et une sensibilité auditive anormale, des parents ont témoigné de progrès notables de leur enfant en termes d’attention et de langage.
Pour en savoir plus, il faut rechercher des centres Tomatis ou des praticiens formés à la méthode Berard.

La vue, comme l’audition peut être perturbée au plan sensoriel. Certains sites américains font référence à des techniques de lentilles spéciales améliorant la perception visuelle des enfants déficitaires sur ce plan. Voir un praticien orthoptiste peut aider pour détecter des troubles de la conduite oculaire et du champ visuel, qui vont gêner l’enfant dans ses apprentissages.
Les lentilles spéciales sont baptisées lentilles D’IRLEN.

Approches biomédicales et pharmacologiques

Il faudrait un site complet et très spécialisé pour détailler ces 2 grandes domaines, le « biomédical » et le « pharmacologique », qui font l’objet de débats, de dilemmes, mais aussi d’excès dans l’univers de l’autisme :
- Tout d’abord, la pharmacologie liée aux troubles comportementaux / neurologiques, aux déficits d’attention ou à l’hyperactivité, et bien sûr à l’épilepsie, présente chez 25 % des enfants environ. Les parents devront faire des choix entre les traitements, en cherchant à bien comprendre et à arbitrer parfois entre les recommandations des médecins. Il n’y pas de traitement neuroleptique miracle contre les troubles autistiques, il n’y a que des médicaments capables d’agir sur certains symptômes associés à l’autisme : Irritabilité, troubles de l’humeur,…Mais ces troubles sont le plus souvent des conséquences d’un accompagnement éducatif défaillant (l’hyper-médication n’étant finalement que ce que la psychiatrie propose à des adolescents ou adultes à qui rien d’adapté au pan éducatif n’a été proposé par le passé…). La question est donc de bien identifier si, malgré un cadre éducatif parfaitement adapté à l’enfant, ces troubles restent trop importants et invalidants. Dans ces cas précis, la question d’une médication peut être posée. La « chimie » si particulière des enfants atteints d’autisme, et son corollaire de réactions paradoxales aux traitements, doit toutefois inciter à tester des dosages limités et différents des protocoles courants.
L’identification de syndromes du type Hyper-activité ou déficit d’attention (THADA) peut aussi inciter à tenter les traitements dédiés à ce trouble.

- Les approches « biologiques » de l’autisme correspondent aux traitements, issus en partie du monde anglo-saxon, envisagés pour atténuer des désordres biologiques associés à l’autisme de façon chronique (intolérances, allergies, troubles de l’immunité et du métabolisme, intoxications,…) sur le principe que ces désordres ont forcément une répercussion sur la santé globale et donc neuro-cérébrale des enfants. Depuis plus de 30 ans, des recherches s’accumulent pour montrer le lien entre le système digestif, l’immunité, et le cerveau… Ces désordres qui affectent significativement l’état de santé générale de certains enfants (et non pas l’autisme en général) ne doivent pas être ignorés. Des traitements peuvent être tentés pour réduire ces désordres associés et mettre l’enfant dans de meilleures conditions de vie et d’apprentissages. Ils font malheureusement l’objet de trop peu d’études, menées en outre sur des cohortes d’enfants trop hétérogènes et de petite taille…ce qui rend leurs résultats insuffisamment probants encore, malgré des témoignages répétés de parents.

En France, des recherches sont menés sur Autisme et métabolisme du Chlore : Des_diuretiques_pour_traiter_l_autisme

Les pédiatres américains pensent indispensables de traiter et approfondir les troubles digestifs des enfants TED : USA_CONF_CONSENSUS_PROBLEMES_INTESTIN

Autour du Pr Luc Montagnier, une équipe de médecins, dans le domaine de l’infectiologie, ont amorcé des recherches sur le lien entre certaines pathologies infectieuses et des désordres neuro-psychiatriques ou neurodéveloppementaux comme l’autisme :Science et vie 02-2012 – la faute aux microbes 2

Nous pensons que les approches biologiques de l’autisme pourraient faire l’objet de plus d’attention de la part des praticiens français. En France, entre le tout génétique et le tout psychologique, l’espace de recherche et de clinique est encore très réduit. L’autisme est pourtant, de façon très claire, une maladie du système nerveux qui a de multiples causes génétiques et biologiques possibles. Mais la génétique est largement affectée par des facteurs environnementaux. Et la génétique n’est pas un simple jeu de lego avec des gènes affectés à une seule fonction. Ainsi, des anomalies génétiques ont été mises en évidence sur des gènes codant des protéines affectant autant le développement du cerveau que celui du système digestif ( gene autisme MET ) !! Chercher à mieux comprendre ces différents facteurs, et les traiter est aussi une priorité médicale pour les enfants.

Si, en outre, certains traitements biomédicaux peuvent devenir une alternative efficace à des protocoles médicamenteux parfois lourds, pourquoi ne pas les tenter dans de bonnes conditions de suivi médical ?

Ostéopathie

Il n’y a pas de documentation scientifique sur l’apport de l’ostéopathie dans le cadre précis des troubles autistiques. Toutefois, des témoignages de parents font état d’une amélioration de certains symptômes neurologiques ou neuromusculaires associés, après séances d’ostéopathie. Il est vrai que, soumis à un fort stress et des perturbations sensorielles importantes, certains enfants adoptent des postures du corps, ou se placent en situation de tension musculaire constante, qui dérèglent à la fois le fonctionnement neuro musculaire, l’état de disponibilité (attention, concentration) et certaines fonctions clés comme le sommeil.

Activités occupationnelles à visée éducative

Régulièrement, des articles font état des bienfaits presque « magiques » d’occupations présentées comme de véritables thérapies : Poney, dauphins, chiens, musique,…

Aucune étude n’a pu démontrer l’aspect étonnamment « thérapeutique » de ces occupations. Et les qualificatifs d’art-thérapie, de poney ou delphino-thérapie semblent exagérés…Mais, est-ce vraiment la question ? Les vertus éducatives de l’équitation, ou d’interactions avec des animaux sont assez évidentes pour tous les enfants. Les procédures assez précises et concrètes avec les animaux, les interactions simples avec eux, forment à coup sûr un cadre éducatif utile et accessible à pas mal d’enfants atteints d’autisme. Encore faut-il que ceux-ci montrent un intérêt pour ces occupations ! Ce n’est pas l’occupation qui fait le succès, c’est la motivation que l’enfant a pour elle…et la qualité des intervenants éducatifs qui la proposent, et la cohérence préservée avec l’ensemble du programme éducatif ! Il en va de même pour la musique, ou de toute pratique artistique. Elle peut être source de multiples apprentissages moteurs, d’autonomie, de repérage et bien sûr de communication.

Le packing (Non au Packing !)

En conformité avec les consensus internationaux, nous dénonçons cette pratique, présentée sans preuves comme une thérapie valide et efficace, par une partie de la psychiatrie française, dans les cas de troubles comportements graves de l’autisme. Car c’est bien dans ses fondements, ses conditions d’utilisation et le profil d’enfants à qui elle destine que la méthode est contestable.
Rappelons qu’elle consiste à enrouler le corps de l’enfant, de façon totale et assez contentive, avec des draps froids (stockage en réfrigérateur).
Dans ses fondements, la pratique tente d’apporter une réponse « au morcellement de la perception que l’enfant a de son corps », morcellement qui dérive de conceptions psychodynamiques non valides dans l’autisme. Certes, les perceptions sensorielles de l’enfant sont anormales comme expliqué dans le paragraphe sur l’intégration sensorielle, mais pourquoi imposer cette souffrance à l’enfant ? Pourquoi ne pas lui proposer des alternatives de pratiques sensorielles à sa demande (couvertures lestées, massages adaptés,…) et qu’apporte réeellement cette froideur qui rappelle tant les douches froides du début du siècle dernier ?
Et pourquoi ne la proposer le plus souvent qu’aux enfants aux comportements si difficiles, qui ne peuvent précisément pas en comprendre la raison et sont justement en demande de stratégies alternatives pour communiquer, ou de moyens adaptés gérer leurs problèmes sensoriels ?

Vous pouvez vous joindre à la pétition du Collectif Autisme qui dénonce l’inadaptation de ces pratiques et le manque de moyens beaucoup plus adaptés. Vous pouvez aussi prendre connaissance, en anglais, de la note de consensus international sur le packing : Against Le Packing 2011. Cette note nécessite Acrobat Reader 8.0